C’est avec une grande satisfaction qu’à la veille de l’organisation du 40e congrès de notre parti, la question du socialisme comme projet révolutionnaire redevient un sujet d’actualité.
Nous sommes tous d’accord pour caractériser le système capitaliste dans sa phase actuelle comme violent, guerrier, anti-démocratique et antisocial. Sa nature apparaît encore plus cruellement aujourd’hui.
Complètement décomplexé, l’impérialisme états-unien soutenu par les pays occidentaux adopte des pratiques mafieuses pour défendre ses intérêts (mensonge d’État, assassinat, corruption, kidnapping…) en s’affranchissant de toute règle du droit international.
Je ne reviens pas sur les dernières péripéties de son interventionnisme musclé au Venezuela et cela avec l’appui des médias occidentaux pour qui la question déterminante serait de savoir si Maduro est un dictateur, alors que le respect du droit international serait une question secondaire.
Ce système pourrissant est mortifère et le condamner ne suffit pas. Nous devons avancer un réel projet alternatif que ce soit pour aborder les relations internationales sur des bases respectueuses de souveraineté des États que promouvoir un projet assurant notre propre souveraineté tant politique qu’économique.
Cette alternative crédible, nous l’appelons socialisme ou projet de transition socialiste dans le cadre rénové de la situation actuelle.
Et nous l’avons déjà engagé avec le plan climat du parti, le plan « Empreinte 2050 ».
Le système capitaliste ne peut pas répondre au défi des modifications climatiques parce qu’il devrait conjuguer développement humain et recherche de rentabilité maximale, ce n’est pas possible.
Je rappelle quelques éléments du projet :
– nécessité de socialiser les grands moyens de production et d’échanges déterminant (énergie, acier, industries diverses et banques),
– planification des besoins,
– démocratisation des instances de décision dans les entreprises et par secteur géographique au niveau local, régional, national.
Je ne sais pas si c’était l’intention de ceux qui l’ont initié mais si ça ne l’était pas, alors on peut dire que naturellement si l’on part des problèmes réels et des besoins auxquels il faut répondre, la transition socialiste s’impose je dirais presque naturellement.
Chaque camarade doit participer au débat et cela dès à présent.
Si nous retenons cette option, elle devrait figurer en préambule de la base commune et en structurer l’ensemble du texte, dans le cadre de la préparation du congrès.
Pourquoi est-ce si important ?
D’une part, comme nous le voyons, il y a une attaque contre un certain nombre de partis communistes européens et avec une possible victoire du rassemblement national, il nous faudra un projet idéologique puissant pour résister.
Sans projet idéologique fort, pas de parti communiste fort et pas de parti communiste fort sans projet révolutionnaire fort. Les deux sont indissociables.
Recentrer notre projet sur un projet de socialisme pour la France, c’est se donner les moyens de combattre, résister et gagner. C’est redynamiser nos pratiques militantes, les renforcer et rendre le parti utile à la transformation sociale et l’émancipation du monde du travail et des victimes du système.
Il faut dépasser notre rôle de soutien aux luttes des travailleurs et proposer une autre voie, d’autres solutions. Cette question nous devons la prendre à bras le corps dès à présent et organiser la discussion avec tous les militants avant l’écriture de la base commune.
« l’histoire de toute société jusqu’à nos jours est l’histoire de la lutte de classes »

(2002) Lenin (requiem), texte de B. Brecht, musique de H. Eisler
