pour sortir de la russophobie étouffante Troisième Forum Antifasciste organisé par les communists russes (Moscou, 24-26 mai 2026)

, par  Marianne Dunlop , popularité : 54%

Forum Antifasciste, Moscou, 24-26 mai 2026. Organisé par le Parti Communiste de la Fédération de Russie (KPRF).

 
C’est la troisième fois qu’était organisé ce forum, et avec 180 délégations de presque 100 pays on notait cette année une nette augmentation par rapport aux deux années précédentes. Pour la première fois, l’accent était mis sur la lutte antiterroriste, le terrorisme étant devenu le dernier argument de l’empire à l’agonie.

C’est un forum qui a une place officielle dans la vie de la Russie : il a reçu un message de soutien du President Poutine, du maire de Moscou et d’autres personnalités et fait l’objet d’un reportage complet sur la chaine de télévision d’état Russie 1.

Je suis arrivée le vendredi 22 mai, après une escale à Istanbul puisque les frontières sont fermées contre la Russie ; même les déléguées finlandaises ont dû passer par la Turquie !

Nous avons été traités en hôtes de marque, emmenés en taxi de l’aéroport au Carlton de Moscou, à deux pas de la Place Rouge ; le forum avait lieu dans l’hôtel lui-même, où tout était parfaitement organisé, audio-visuel, traduction simultanée, repas, pauses-café. Tout était d’excellente qualité.

Avant même l’ouverture du Forum, un grand meeting/séminaire été organisé pour commémorer les 100 ans de Fidel Castro et manifester son soutien au Vénézuéla et à Cuba. Toute la salle a repris avec enthousiasme Bella ciao et El Pueblo Unido avec l’ensemble Grenada, un groupe russe qui chante en espagnol (et italien). Nous avons terminé avec l’Internationale. D’une manière générale, la solidarité était le maître mot, y compris envers la Palestine.

Les langues de travail étaient le russe, l’anglais, l’arabe, l’espagnol et le portugais.

Les sommités du parti communiste de la Fédération de Russie étaient présentes. Le rapport de Ziouganov peut-être lu ici

Les délégués venaient de tous les coins de la Russie, par exemple le maire (communiste) de Novossibirsk (1,6 million d’habitants). Les pays ex-soviétiques étaient bien représentés. On nous a dit que les délégués russes se feraient ensuite l’écho du forum dans des réunions locales à travers le pays.

Je n’ai pas pu assister à toutes les sessions, certaines ayant lieu en parallèle. J’ai pu parler avec énormément de personnes de différents pays. L’Espagne, l’Italie, les USA étaient présents, ainsi que l’Irlande, l’Allemagne, la Roumanie, la Hongrie, la Corée du sud et la Corée du nord, Israël et la Palestine. Beaucoup venaient d’Afrique (le représentant du Congo était un refugié en France) et d’Amérique Latine : Brésil, Bolivie, Vénézuéla, Argentine, Mexique, Cuba... La Chine était bien représentée, y compris par une personnalité importante du monde universitaire, Cheng Enfu.

Les délégations n’étaient pas toutes de partis communistes, d’autres groupes antifascistes étaient représentés.
Les contributions les plus fortes et remarquables selon moi étaient celles de Russie, de Biélorussie, de Hongrie et de Suisse. De l’ensemble se dégageaient les contours d’un monde multipolaire de plus en plus puissant, conscient de sa force et de son unité, capable de résister à l’impérialisme, à l’oppression et à la guerre.

Le deuxième soir nous avons été emmenés en car à une salle de concert pour un spectacle de musique et de danse, et le lendemain nous avons eu droit à un véritable banquet avec groupe folklorique et piste de danse, où se sont mêlés Cubains, Brésiliens, Russes et Congolais, renouvelant le genre.

Le dernier jour était consacré au tourisme, les participants étant invités à visiter le Kremlin ; à la place j’ai demandé à visiter plutôt le Sovkhoz Lénine, une coopérative dans la banlieue de Moscou dirigée par un communiste (candidat aux présidentielles en 2018) spécialisée dans la culture des fruits rouges. Les Moscovites viennent cueillir les fraises en saison et repartent avec dix pour cent de leur récolte. 
 
J’ai fortement apprécié sortir pour une fois de la russophobie étouffante qui domine la vie culturelle et la soi-disant information en France. L’attitude non seulement des Russes, mais aussi des délégués du reste du monde m’a donné de l’espoir dans la situation actuelle. 

Voir en ligne : A lire sur Libertés Actus

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